Nicolas Barré : un éducateur pour le XXème siècle…

 

Et pourtant, c’est en 1662 que s’ouvre à SOTTEVILLE, banlieue de Rouen, la première école souhaitée par Nicolas Barré, religieux de l’ordre des Minimes, tourmenté par la misère intellectuelle et morale de son époque pleine de contrastes.  

Depuis plus de 300 ans, toute une tradition spirituelle et éducative sous-tend l’œuvre de l’Institut de la Providence fondée par Nicolas Barré pour « tenir les petites écoles » comme l’on disait alors.

De 1938 à 1990, les sœurs de la Providence ont reçu mission de diriger le collège Fénelon. A présent, elles continuent d’accompagner les laïcs qui prennent le relais et acceptent de poursuivre ce qu’on appelle le « charisme » du Fondateur, autrement dit : une intuition éducative profonde.

Quelle est cette intuition ? Parlait-on d’un projet éducatif au XVIIème siècle ? Certes non ! Ce n’était pas le vocabulaire de l’époque. Et cependant, il suffit de relever et de traduire en langage actuel certaines phrases du Père Barré pour en déduire des convictions fondamentales.

« Instruire ou tâcher de former des croyants vaut mieux que de bâtir des églises, c’est préparer des temples vivants ! »

Dans le contexte du XVIIème siècle où l’enseignement comprenait tout naturellement l’enseignement religieux, voilà bien ciblée la finalité de l’école et son rôle irremplaçable.

« Quiconque reçoit un enfant pauvre et délaissé reçoit doublement Jésus-Christ. »

Accueil sans sélection ; ce qui n’exclut pas « …de savoir se défaire des élèves incorrigibles, ne tenant pas compte des avertissements »  et pouvant nuire à l’ensemble.

« Ne vous arrêtez ni aux talents, ni aux dispositions différentes bonnes ou mauvaises de ceux que vous enseignez. »

« Tout éducateur doit permettre à chacun de s’épanouir selon son génie propre. »

Voici donc l’enfant au cœur du projet et la raison profonde de la pédagogie différenciée prônée au XXème siècle.

« Il faut s’appliquer davantage à établir le bien qu’à détruire le mal. »

Education positive, ouverture , confiance et par dessus tout  AMOUR de l’enfant, autant de convictions qui émanent des conseils donnés par Nicolas Barré : « Gagner les cœurs par la douceur et la droiture, écouter plus que parler, compatir et soutenir, cela aide à faire progresser dans l’Amour de Dieu. 

Cependant Nicolas Barré n’est pas un doux rêveur ! Il ne cache pas les difficultés de la vocation enseignante : « Instruire et éduquer demandent un total désintéressement.. Il faut avoir l’esprit généreux, le cœur grand et libéral, toujours disponible. »

Le défi éducatif relevé par Nicolas Barré au XVIIème siècle n’est-il pas aussi celui du XXème siècle ? Aujourd’hui encore l’ignorance profane et religieuse engendre le malheur. La jeunesse cherche le sens de sa vie !

Adaptés, actualisés, les convictions de Nicolas Barré gardent à ce jour toute la valeur et peuvent inspirer le projet éducatif d’un établissement scolaire de LA PROVIDENCE.

Nicolas Barré fut béatifié par le Saint Père à Rome le 7 mars 1999.

Les citations sont celles des écrits de Nicolas Barré.